Seize jeunes filles ont perdu la vie dans la nuit du 27 au 28 mai 2026, emportées par un incendie qui a ravagé le dortoir de l’Utumishi Girls Academy, un internat pour filles situé dans le comté de Nakuru, dans l’ouest du Kenya. Soixante-dix-neuf autres élèves ont été blessées dans ce drame qui a plongé l’ensemble du continent africain dans le deuil et relancé le débat sur la sécurité incendie dans les établissements scolaires à internat.
Le déroulement de la tragédie
Le feu s’est déclaré à 00h45 dans la nuit du mercredi au jeudi, au second niveau d’un dortoir de l’Utumishi Girls Academy. Selon les premières informations communiquées par les autorités kenyanes, l’alarme incendie n’a pas fonctionné correctement, privant les élèves endormies d’un avertissement précoce. L’incendie a été maîtrisé à 03h00 du matin, mais « le mal était fait », selon les termes du secrétaire d’État kenyan à l’Éducation, Julius Ogamba.
Les pompiers et les secours, dépêchés en urgence sur les lieux, ont extrait des survivantes des décombres. Soixante-dix-neuf élèves ont été blessées, plusieurs dans un état critique, et transportées dans les hôpitaux de Nakuru et de la région. Les 16 victimes décédées étaient toutes des jeunes filles dont l’âge variait entre 13 et 17 ans.
Utumishi Girls Academy : une école de référence au cœur du deuil
L’Utumishi Girls Academy est un établissement secondaire privé réputé, affilié à l’Université catholique d’Afrique orientale. Son directeur ainsi que la communauté catholique du Kenya ont exprimé leur douleur et leur solidarité avec les familles des victimes dans les heures suivant le drame. Des messes de recueillement ont été organisées dans plusieurs diocèses kenyans.
Les images de parents s’effondrant à l’annonce du décès de leur fille ont circulé sur les réseaux sociaux africains et internationaux, déclenchant une vague d’émotion et de condoléances de la part de dirigeants du continent. Le président kenyan William Ruto a présenté ses condoléances aux familles et annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les causes exactes de l’incendie et établir si les procédures de sécurité de l’école avaient bien été respectées.
Une enquête pour établir les responsabilités
La cause précise de l’incendie n’avait pas encore été établie dans les heures suivant le drame. Les autorités kenyanes ont annoncé l’ouverture d’une enquête criminelle pour déterminer si le feu était accidentel ou criminel, et pour évaluer les manquements éventuels aux normes de sécurité incendie. Des questions précises seront posées sur l’état des extincteurs, des sorties de secours, des détecteurs de fumée et sur les exercices d’évacuation réalisés dans l’établissement.
Un problème systémique en Afrique subsaharienne
La tragédie de l’Utumishi Girls Academy n’est pas un cas isolé. L’Afrique subsaharienne est régulièrement endeuillée par des incendies dans des établissements scolaires, souvent des internats dont les dortoirs sont construits en matériaux inflammables, surpeuplés et insuffisamment équipés en dispositifs de sécurité. En 2024, un incendie similaire dans un internat au Niger avait coûté la vie à plusieurs dizaines d’élèves. En 2019, un incendie à Niamey avait tué 26 enfants dans une école maternelle.
Cette récurrence révèle un problème structurel : dans de nombreux pays africains, les normes de construction des infrastructures scolaires ne sont pas suffisamment strictes, leur contrôle est insuffisant, et les investissements dans la sécurité incendie — détecteurs, extincteurs, sorties de secours conformes — restent insuffisants face à l’ampleur des besoins.
La réaction internationale et les appels à l’action
L’Union africaine, plusieurs agences des Nations Unies et de nombreux gouvernements africains ont exprimé leur solidarité avec le Kenya et leurs condoléances aux familles. Des organisations internationales comme UNICEF et Save the Children ont appelé à un renforcement urgent des normes de sécurité dans les établissements scolaires à internat sur le continent, plaidant pour un plan d’action continental coordonné.
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Sources : L’Actualité, ACI Afrique, France Guyane / AFP